Erya Island

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 La relance des vestiges ombragés [Pv. Ervayne]

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MessageSujet: La relance des vestiges ombragés [Pv. Ervayne]   Ven 8 Mar - 19:20

Les brumes matinales dissimulaient les premiers rayons du Soleil. La mer, au soir battante, laissa en suspent un film notable de ces embruns. Le vent faible et doux du printemps annonçait la fin d'une nuit agitée dans une ville, coeur de sa patrie. L'on ne sut dire qu'elle ne dormait jamais ou qu'elle fut comparable à nulle autre. Elipce, capitale d'Erya, émis le doux souffle d'un réveil difficile, perdu dans les brumes de la fatigue devant ce jour nouveau. Les rayons solaire ne pénétrèrent que faiblement cette fine brune, semblant vouloir laisser un répit aux rêveurs citadins. Un répit insolent aux créatures de la nuit qui répondaient par leur présence en plein jour, au nez et à la barbe de tous. C'était une époque révolue que de rentrer dans son manoir avant l'aube et d'en sortir une fois pointé le crépuscule. La période féconde débutait pour tous, libre d'être contemplée sous divers regards, divers interprétations. Adieu doux spleen des feuilles tombées. Adieu ô blanche marâtre qui de ton linceul pur nous recouvrait de ta froideur agréable. Aujourd'hui se lève la sublime rose qui de son destin connu n'en constitue de fantasme que dans les piquants. Cactus éphémères aux convoitises dépassées, si jamais il en garde l'âme de la demoiselle qui aura entrevue cette ronce empreigné du sang de sa poitrine... Un jour nouveau commence; ni plus, ni moins.

La ville dort par envers et s'éveille par endroits. Le déchu traversa les rues, pour l'heure, vides d'humanité. Il portait en ce jour un habit un peu plus reconnu des humains: un costume sombre, dont le veston laissait entrevoir la chainette d'un gousset; des lunettes de vues siègeaient sur son nez et le bruit des chaussures de ville claquaient sur le bitume inerte de la ville. Il respirait le sel, l'air, les déjections animales fraichement décongelées, tout cet ensemble de sensations qui savaient faire le bonheur de certains. Dans la rue marchandes, les magasins commençaient à ouvrir leurs grilles, le chemin en devint un peu plus animé, sans qu'il fut obligé de faire valoir sa présence par un "bonjour". Il préférait se méler de ces affaires, l'heure n'était pas arrivée. Au bout de quelques minutes, le déchu arriva à sa destination: une batisse modeste où un camion âgé par la rouille et les tâches ingrates attendait, crachotant quelques panaches de fumée dans l'air frais du petit matin. Quatre hommes aux physiques développé, observaient l'arrivée de l'homme au costume élégant. Il s'approcha d'eux. L'homme le plus âgé, dont les rides creusées sous les paupières soulignaient la fatigue du quotidien, se mit en avant et prit la parole:


"Nous avons votre commande. Il vous suffit de signer ici et nous pourrons passer au règlement."

L'homme d'aujourd'hui est occupé par sa survie tout comme ces aïeux. Pas de politesses. A quoi servirait de tels protocoles dans une situation où l'efficacité est de rigueur? La courtoisie chevalresque était largement dépassée par le professionalisme de ces hommes. Il n'en fit guère de remarque et obéit docilement à cet homme. Il signa et règla la commande, riant intérieurement alors qu'il signat. Tout homme nourri ne saurait comprendre son humour. Les porteurs commencèrent à vider le camion, chaque caisse retirée semblant provenir de nulle part. Le déchu les attendait à l'interieur. En entrant, on pouvait voir des meubles et des étagères récemments dépoussiérées qui, jadis vides ou occupées d'ouvrages obsolètes, accueillaient maintenant des ouvrages nouveaux. Il y eu bien sûr des classiques de la littérature eryanne et mondiale à destination des humains en quête d'un pèlerinage culturel et littéraire. Le placement des étagères formait pas moins de sept rayons, rapprochés les uns des autres. Il y eu une porte condamnée, cachée par une infrastructure mécanique représentée par un présentoir d'oeuvres théologiques, indispensable aux pratiques religieuses des eryens. Un escalier, en plein milieu du rez-de-chaussée, ammenait à d'autre présentoirs dont le thème fut "philosophie", "histoire mondiale et locale", et "santé". A l'opposé de ces trois rayons, il y avait la porte qui conduisait au bureau du gérant, récemment rénové. Le bureau en bois d'ébène, était pour l'heure vide de tout document, hormis la pochette qui contenait l'acte de vente du commerce. Un ordinateur tronait sur le bureau, univers virtuel et artère du bizness qu'avait repris le déchu. L'étagère vitrée sur la droite du bureau contenait les vieux dossiers aux temps du premier propriétaire. Le bureau en lui même n'était pas exclusivement attrayant, si l'on trouvait alors du charme à des murs empreints de nuances de bleu, foncé au toit, clair au sol. Il avait décidé de ne pas toucher au revètement mural.

Les hommes finirent de décharger la dernière caisse dans l'heure avant de s'en aller. Elle étaient entreposées dans la réserve, introduite par une porte métalique au rez-de-chaussée, non loin des caisses. Cette porte donnait sur un couloir, donnant lui-même sur deux salles: les vestiaires et la remise. Cette journée, ce charmant commerce arpentera de nouveau la même pancarte: "en cours de restauration".

Quelques jours auparavent, le déchu se dressa devant cette même batisse, alors poussièreuse, le bois toussant au vent tumultueux. Il avait alors reprit possession de sa richesse qu'il avait abandonné avant de quitter l'île d'Erya pour un long moment. L'endroit était déserté et certains sans-abris s'y étaient réfugiés pendant l'hiver. Les lettres constituant le nom du commerce étaient blanchie ou arrachée, pillée par Eole. Le déchu vit alors son reflet en cette batisse croulante sous le regret des temps passé, sous la peine effroyable de l'oubli d'un monde vivant à grande vitesse. Cela constituait aussi l'opportunité d'accomplir un acte qui serait utile aux desseins de son maître vénéré avec ferveur. La denrée monaitaire suffit à satisfaire les vendeurs qui n'y voyaient guère plus qu'un nid à rat... Dans quelque jours, il leur donnera tort.

Le Soleil avait commencé à empreigner de son chaud toucher la façade de la batisse. Le sol fut sec qu'on eu peine à croire qu'on y vit guère pas plus tôt que ce matin. Peut-être était-ce mieux ainsi et cela attiserait le désir des gens de se promener et de leur présenter ce spectacle d'une renaissance flamboyante et infernale, d'un spectre déchu reprenant aujourd'hui sa splendeur d'antan: la librairie "Sky&Snow" reprenait sa prestance otée par les méchantes années. Comme pour se féliciter, le déchu sortit, chercha dans sa poche une pipe et une petite tabatière. Après avoir fourré sa pipe de tabac, il craqua une allumette et établit la combustion, aspirant l'arome singulier d'une fumée enivrante. Il sortit ensuite de sa poche interne quelques feuille qu'il survola du regard, mettant en relation les différents document, préparant d'or et déjà la suite de sa conquète.
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MessageSujet: Re: La relance des vestiges ombragés [Pv. Ervayne]   Mar 9 Avr - 18:41

L’ultime voile des ténèbres nocturnes subissait la lente torture de son corps transpercé par les lances faiblardes d’un soleil matinale. L’agonie morose d’une aube où se mêlaient un doux parfum de printemps et la fraîche rigueur d’un océan dont l’agitation s’estompait lentement. Les charmes enivrant de la nuit avait encore hypnotisé et envouté nombre d’individus, prisonniers de rets aux aspects multiples mais appartenant à la même tisseuse. Mais les chaînes noires de cette Maîtresse de l’ombre se dissolvaient lentement sous les rayons autoritaires du Dirigeant solaire de la vie des mortels. Mais si les liens des esclaves se brisent pour les renvoyer dans leurs quartiers putrescent de vie, le regard omnipotent des éclaircis impose un fardeau tout aussi lourd que les chaînes les plus contraignantes. C’est alors, devant l’étendu des foules dominées, face à la fourmilière vivante s’éveillant, que la liberté totale d’une existence prend sa signification.

Enfin lorsque je parle d’existence, il s’agit d’avantage d’une métaphore, car celui qui appréciait la contemplation des vivants esclaves de leur quotidien ne disposait pas à proprement d’une existence. Le terme de « présence » semble plus convenable.

En clair Ervayne déambulait dans les rues, croisant de rares badauds matinaux tous préoccupé dans leurs quotidien. Lui vaquait à la recherche d’une activité, d’un spectacle digne d’intérêt, d’une découverte surprenante. C’était l’une de ses occupations principales d’ailleurs, avant le fait de troubler l’ordre des choses ou de glandouiller sur les voies publiques. Hésitant à voler des pommes pour les balancer sur un scooter, faire un croche-patte à une grand-mère, crever le ballon d’un gosse et faire du pole dance sur un lampadaire… Et ça ce n’était que les idées qui avaient le plus de chance d’être réalisé.

Remarquant un magasin de bricolage dans le coin et un client sortant avec paquet de clou, l’hypothèse du ballon et de l’enfant devint une subite réalité, attrapant au passage devant l’humain le sac de clou, déchirant son contenu pour ne retenir qu’une seule pointe de métal étincelante il accéléra le pas pour rattraper sa proie avec un sourire pervers sans prêter attention au soudaine plainte de la victime du Rapt de clou.

Un pas après l’autre, les lourdes semelles frappait le bitume, sonnant le glas inexorable du plastique fin et flottant, l’enfant tourna au détour d’un bâtiment empêchant le maraudeur diabolique de frapper à ce moment-là. Cependant ce virage le fit constater l’attention que sa posture attirer, une partie non négligeable des badauds dévisageait en effet le néantin avec un air circonspect ou interdit. Imaginant leurs indignations quand son crime serait achevé Ervayne en tirait une extrême fierté factice.

La suite ne se fit pas attendre, une explosion bruyante, la stupéfaction, puis les pleurs l’indignation. Mais il était bien trop tôt pour qu’un brave ne se décidé d’intervenir pour châtier l’injustice et le mal, les esprits trop embrumés et mécanisés pour sortir de l’engrenage des vies broyés par la machinerie du travail. Le plaisir d’Ervayne s’en trouva teinté de déception.

Son attention se porta sur de nouveaux horizons, en quête d’occupations, l’esprit à la recherche de sa pitance sans quoi il dépérirait irrémédiablement. Les magasins ne semblait guère prometteur, il passa sur chacun d’entre eux sans les voir jusqu’à ce qu’il avise… un changement ! Une librairie, qui n’était pas là avant, enfin pas lors de son dernier passage. Il prit immédiatement la direction de l’échoppe et de sa nouvelle prestance. Détaillant sa rénovation alors qu’il s’en approchait, un homme semblait préoccupé par des papiers à côté de l’entrée, le détail amusant était qu’il fumait la pipe, ce qui lui conférait presque une sorte d’intemporalité, comme s’il venait d’une autre époque, et qu’il avait surgit avec le magasin. Quant au physique de l’homme et au trait de son visage, l’Ombre n’y fit pas attention, se contentant d’un poli et enjoué *Bonjour monsieur !* Alors qu’il saisissait la poignée et poussait la porte de la librairie s’en se soucier du panneau « En cours de restauration ».

S’immobilisant devant les rayons et les étagères il se laissait emporter par le flux d’idées sur ce que pouvait contenir tous ces ouvrages. Ervayne n’avait pas lu depuis longtemps, et il avait décidé de passer autant de temps qu’il lui plairait ici, sa soif de connaissance inexistante il y a quelques instant devant aussi profonde et inquiétante qu’une faille sous-marine. Il fit quelques pas lourd et tendit sa main dans l’intention de saisir un ouvrage au hasard, sans même lire son titre.

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MessageSujet: Re: La relance des vestiges ombragés [Pv. Ervayne]   Sam 20 Avr - 18:39

Fumée. Intangible fumée de la vie. Les vapeurs se dégageant de la bouche et du nez du dark angel faisaient d'avantage penser à un dragon protègeant son territoire, son trésor... quel trésor qu'un ramassis d'ouvrages poussièreux occupant le bas des étagères qui sauraient faire le bonheur de certains, succiterait l'indifférence fatale des autres. Les écrivains stratèges savent conquérir le coeur des gens, savent faire vendre, cela allié à la notoriété, l'ouvrage devient rapidement une cible. Pour continuer à faire prospérer cette librairie, le sombre patron devra se tenir au courant des différentes modes littéraires, des genres différents qui attirent le regard des passionés en perdition dans ce haut lieu où réside la connaissance emprisonnée entre les lettres. Cela constituait la paperasse qu'il consultait en rendant ces poumons d'ébène. Quelle ironie de savoir qu'un jour il serait de nouveau à mener un contact initiatique avec les mortels, ceux même à qui il apprit la confection des armes. Le risible résulterait dans la manière dont les mortels utiliseraient cette connaissance, ce risible étant teinté de la curiosité naturelle de toute part de l'ombre. Bien sûr, la satisfaction du client n'était pas le principal objet de la reprise d'un business, bien que cela puisse contribuer à la raison principale. Cette librairie ne serait ni plus ni moins que la façade d'une affaire plus importante, les prémices d'une révolte digne du nom de "Lucifer". Le nom pouvait être aussi symbolique et susciter la peur, l'homme au costard savait bien qu'il n'était rien comparé à son maître, à qui il dédiait ce projet: l'asservissement des mortels et des cieux grâce à l'obtention de La Connaissance.

Alors que le tabac continuait de se consumer et la fumée danser la lambada avec les doux alizés, un personnage singulier fit son apparition dans l'entendement du déchu. Bien qu'il l'eut regardé que brièvement, il en avait retenu les traits simplifiés. L'absence du visage était le premier élément frappant à la vue des mortels et même du déchu, qui esquissa un fin sourire. Cette ombre n'avait pour l'heure rien de trop spécial, si ce n'était l'envie flagrante de la transgression des règles... après tout, quoi de mieux pour la simple absence de lumière trainant toujours aux basques du corps exposé que de se faire valoir. Les ténèbres avaient beau être menaçantes mais elles tendent à faire pâle figure de nos jours, ayant laissé les humains faire bien pire attrocités que les démons les plus pernicieux. Le Diable n'était devenu ni plus ni moins qu'un support scabreux derrière lequel se cache l'Enfer, berceau de l'immoralité. Et visiblement, ce petit morceau d'ombre avait comprit et favorisait l'acte immédiat aux machinations plus poussées. Les conséquences se sentent souvent de la même manière ou pas... cela dépend du contexte, de la durée... En attendant, les cendres naissent et le tabac meurt dans le brasier infernal d'un carcan de bois. Le déchu versa, dans un coin, les cendres et rangea sa pipe. Il rentra alors dans la librairie, sans aucune colère, sans grand enthousiasme, par pûr appel des obligations d'un commerçant, dans ce cas d'un dirigeant d'entreprise.

La lumière du jour éclairait la façade du bâtiment, ce qui y était présent mais non le fond qui demeurait ombragé par le manque de lumière. Il trouva néanmoins le "sombre" individu qui entra dans sa librairie non sans enthousiasme. Il était déjà en train de feuilleter un livre, surement choisi de manière aléatoire au vu du choix accolé au profil du personnage... la règle du client satisfait était de rigeur avec des clients mortel... l'on ne duppe pas un immortel. Il s'approcha du personnage, n'hésitant ni se pressant, s'arretant à une distance de discussion.


Entendez vous par "bonjour" que ce jour est BON ou que cette journée promet d'être belle... ou alors me promettez vous un bon jour de mon existance?

[désolé du retard: devoirs et manque d'inspi =/ ]
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Ervayne
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MessageSujet: Re: La relance des vestiges ombragés [Pv. Ervayne]   Lun 22 Juil - 19:58

Ervayne tourna quelques pages, à un rythme trop rapide pour qu’on puisse penser qu’il lisait autrement qu’en diagonale les lignes d’encre noire couchées sur les feuilles blanches. Son doigt se glisser parfois sur la surface de l’ouvrage, certains la qualifieraient de lisse alors que bien au-delà des apparences c’était de véritables vallées et mont, une typologie toute particulière, qui composait le support littéraire. La main tenant le livre le referma dans un claquement brusque qui présagea la réponse du néantin à l’attention du boutiquaire qui venait de le rejoindre dans son lieu de travail.

- Il ne faut y voir rien de plus que ce que les mots peuvent dire.

Il réinséra le pavé dans son rayon et suivit du doigt les titres des ouvrages, fit un pas en arrière pour voir dans quels rayons il se trouvait, réfléchit quelques instants avant de s’enfoncer plus avant dans les intestins rigides et emplit d’œuvre de la boutique.

- La question ici de toute façon se heurte au vocabulaire et à la perception des mots selon l’individu, il est toutefois intéressant que tu te penches sur ce que j’ai voulu signifier, que ce soit par simple réparti ou poussé par un réel intérêt. Mais je ne suis que l’esclave des sens et logique de ce monde quand il s’agit de communication. Un autre claquement de livre brusquement refermé se fit entendre suivit d’un murmure aussi discret qu’une page se tournant. Pour l’instant…

Surgissant  d’un autre rayon pour se rendre dans l’allée d’une section différente, le voici passant et repassant, noir et lourd dans son apparence, accompagnant chaque voyage des claquements caractéristiques des livres consultés. Ses déambulations s’accompagnèrent des questions inspirées par une curiosité sincère dans sa voix qu’il dévoila au propriétaire.
 
- Il est remarquable de voir cet ancien commerce revenir à la vie en ces temps-ci. Je m’imagine plutôt ton époque comme étant une période où la violence de la chair, du sang et du métal et un domaine possédant plus d’initié et d’érudit que celui de la lecture et de la réflexion. Et je n’évoque même pas les ermites de la philosophie.

Il passa devant le boutiquaire sans lui jeter un regard, plongeait dans la lecture d’un ouvrage, enfin des pages qu’il semblait parcourir au moins.



- L’ambiance manque de musique, un peu de classique ferait je suis sûr très bonne impression. Glissa-t-il en passant. Passion ? Lubie ? Activité secondaire ? Recherche ? Originalité ? Conquête du Monde ?!  Est-ce que tes intentions sont dissimulées derrière ces rangées austère et silencieuse ?

Il pointa le boutiquaire avec un livre banalement intitulé « L’Histoire de la Pomme de Terre »

- Pour la conquête du monde ce ne sera pas facile, la littérature manque cruellement de chat et les philosophes font peurs aux enfants. Les Manga et Bd peuvent être intéressants pour faire une tête de pont dans les milieux plus réticents mais ça peut être contre-productif. 

Expliqua-t-il en haussant les épaules  et relâchant le livre dans son milieu naturel. Il clôtura sa phrase étrange en attrapant une bande dessinée qu’il feuilleta plus lentement. Les images captaient peut-être mieux son attention.

- Est-ce qu’on ne dit pas qu’une image vaux mille mots ? Alors quand on parle de Terreur indescriptible ne serait-ce pas là l’évocation d’une page vierge ?

Son débit de paroles fluctuant se rythmait sur ce qui semblait être sa vitesse de lecture et quand il n’avait pas d’ouvrage ouvert sous les yeux il se déplaçait sans une parole mais à pas lourd dans le magasin.



- Qu’est-ce donc qu’un livre et qu’une œuvre littéraire pour ceux qui en font  le commerce ? Le savoir se monnaye-t-il, quel est son prix, sa mesure ? Est-ce que tous les savoirs ont le même prix ? Le savoir est-il relatif à l’individu ? Y a-t-il une salle de lecture ou un fauteuil quelque part ?

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MessageSujet: Re: La relance des vestiges ombragés [Pv. Ervayne]   Ven 2 Aoû - 16:52

Le gérant de la boutique n'eut guère choix que d'écouter ce que ce néantin avait sur le... creux qui lui servait de cœur (littéralement parlant). Il était étonnant voir amusant de voir qu'une telle créature serait sujette à pareille curiosité, le genre de curiosité apparente à celle d'un enfant devant la vitrine d'un magasin de marionnettes. Certes les concepts peuvent êtres différents mais le sentiment d'illumination reste le même. Par ailleurs, la réponse que fournis le néantin semblait donner d'emblée le ton de la discussion: un discours soutenu et réfléchis tant bien que le sain d'esprit saurait devenir fou avant la fin de cette délicieuse conversation. Par ailleurs, cette manie de claquer les livres à tout va pourrait faire passer cette librairie pour un lieu hanté par un esprit frappeur... bien que dans les faits ce soit ce qui se produit, la vision n'appartient alors t-elle pas au seul spectateur? A un être infernal accoutumé à la chose? Cela devrait provoquer chez le dark angel un sentiment d'agacement, tout d'abord dans le fait que le démon soit intrus dans un lieu interdit au public pour cause de rénovations. Mais s'énerver ne saurait que nourrir d'avantage l'ambition de "l'esprit frappeur". De plus, ce qu'il disait n'était guère erroné, loin de là. L'intérêt premier du néantin qui l'a conduit ici, à l'en croire, serait la rénovation même de cette échoppe. Un tel lieu contrastait effectivement avec le passé et les ambitions du dark angel. Pourquoi un déchu avide de vengeance se tournerait-il tout de suite vers une librairie contenant divers écrits allant des romans à l'eau de roses aux écrits plus sérieux, en passant par les vieux albums, les almanach et les livres de recettes et autres ouvrages religieux? Le néantin l'avait bien deviné, il y avait effectivement anguille sous roche.

Soudain le démon pointa le déchu d'un ouvrage singulier tout en lui prodiguant quelques conseils pour l'aider à prospérer dans son bizness. Selon l'intrus, les ouvrages présents attireraient une clientèle très pauvre, les jeunes ne trouvant guère leurs bonheurs dans les écrits historiques ou philosophiques. Sur ces mots il changea brusquement d'ouvrage, passant de
l'histoire de la pomme de terre à une bande dessinée qu'il feuilleta avec plus d'attention. Il n'y a rien de mal à se trouver des intérêt de jeunes tant que l'on est capable de soutenir un discours potable pour l'expliquer. En effet, ce millénaire prône aussi le pouvoir des lettres. Les menaces, les flatteries , l'image fournie par la presse... l'image avait beau être révélatrice et plus parlante à certain, sa limite se trouve au même échelon que la parole et le concept qui lui est attribué: l'intérêt. Une personne ferrue du thème de "l'arbre" ne s'intéressera guère au sport (sauf en cas de lancer de buche à la limite...). En ce sens, si la philosophie "fait peur" aux jeunes, c'est bien parce que ceci n'y sont guère sensibles, trop occupé à fixer bêtement leur nombril qu'à réfléchir au lien quasi-indéfectible entre la mère et son enfant, ce même lien se faisant tangible avec le père. L'Escapist se glissa dans l'ombre d'un des présentoirs avant de disparaître, réapparaissant derrière l'intrus.

Je te suis gré de tes conseils... cela m'aidera. L'image à beau être provocatrice, mais une fois les passions et les lubies précisés certaines plaisent plus que d'autre endorment littéralement...

Il se pencha laissant sa tête se placer au dessus de l'épaule du néantin.

J'imagine mal un gamin s'extasiant devant des sculptures représentant le kamasutra tout comme un play boy qui répugnerait toute image érotique...

Il se redressa et dépassa le néantin, restant dos à lui et agitant le livre qu'il lui avait brandit tout à leurs.

Après il n'y a guère d'étonnement à ce que tu trouves peux d'ouvrages destiné à un jeune public, la librairie est en cours de restauration, je viens à peine de prendre commande auprès d'éditeurs notables... tout ce que tu trouveras ici est assez daté... ce livre date de 1898 imagine quelle prestance il a pu avoir à ce temps...

Il replaça le livre où il était rangé et se tourna vers le néantin.

Mais ne t'en fais pas... dans quelques semaines j'aurais fais le pleins d'ouvrages, j'aurais mes employés et lorsque mon commerce aura atteint une certaine renommée, je pourrais promouvoir les jeunes talents littéraires, dissimulés derrières les traits d'ados dépressifs et autres stéréotype de la demoiselle qui aura fait de longues études et connue une misérable condition de vie, tout comme les fantaisistes qui permettent les fantasmes des jeunes filles tout comme l’hilarité des êtres infernaux...

Il resta un moment pensif, presque attristé.

Tu es le premier intéressé et je n'ai même pas de whisky dans mon bureau pour fêter cela...
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La relance des vestiges ombragés [Pv. Ervayne]

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